Migration au Burkina Faso: Profil Migratoire 2016

Nombre de pages: 
124
Année: 
2017
Électronique copie seulement
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Le Burkina Faso s’affirme  aujourd’hui comme un pays d’émigration au regard de son solde migratoire traditionnellement négatif. Son historique migratoire révèle deux principales phases comportant chacune des facteurs déterminants dans l’identification des tendances migratoires et des caractéristiques des migrants. De l’occupation coloniale à l’adoption de la loi de 1921 sur la mise en valeur des colonies s’est progressivement développée une tradition migratoire des burkinabè vers la Côte d’Ivoire. Toutefois, depuis les crises politiques qu’a connu cette dernière (1999, 2002, 2011), les destinations des émigrations burkinabè se sont diversifiées. Les anciens pays de destination tels que le Ghana et le Gabon redeviennent des destinations prisées. D’autres pays à l’instar de l’Italie, des Etats-Unis d’Amérique et des pays du golf sont pour leurs parts répertoriées comme de nouvelles destinations des migrants burkinabè. Le schéma classique où le migrant burkinabè ne connaissait que la Côte d’Ivoire est alors révolu, même si ce pays reste encore la principale destination. Concernant  l’immigration, le Burkina Faso accueille des refugiés, bien avant le début de la crise malienne au Mali  de 2012. On peut noter à cet effet les flux de réfugiés maliens et nigériens au début des années 1990. En 2013, UNHCR a dénombré 50 502 réfugiés avec 663 demandeurs d’asile. En avril 2015, ce sont 33 392 réfugiés maliens qui ont été enregistrés par UNHCR au Burkina Faso.

En plus, de ces statistiques, le déséquilibre en termes de potentialités agricoles entre régions rurales et le boom minier des années 2000 sont des facteurs qui catégorisent substantiellement la migration burkinabè en lui attribuant un caractère interne remarquable à côté de celui international. Par ailleurs, la situation géographique du pays (pays sahélien), ses conditions climatiques rigidifient les bases agro-sylvo-pastorales et occasionnent ainsi des migrations sélectives et saisonnières qui se transforment très vite en migration de plus longue durée à la recherche d’un mieux-être.

Conscient de ces enjeux, le Gouvernement a toujours considéré la problématique de la migration dans les stratégies de développement même si cela n’a pas toujours été systématisé en termes de politique migratoire bien articulée ; en témoigne la signature de conventions de migration avec divers pays (Côte d’Ivoire en 1960, Gabon en 1973 et Mali en 1969). Pour pallier à ce défaut d’articulation et en vue d’aboutir à la réalisation d’un document de référence en la matière, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), conformément à son mandat d’assister ses Etats membres à relever les défis opérationnels croissants de la migration, ainsi qu’en améliorer leur compréhension a apporté son soutien  au  Gouvernement burkinabè pour l’élaboration de son premier profil migratoire financé par le Fonds de l’OIM pour le développement dans le cadre du projet de « Recherche et renforcement des capacités pour une gestion stratégique de la migration et de la diaspora burkinabè au Burkina Faso ». Ce profil migratoire constitue désormais un cadre privilégié pour la collecte et l’analyse des données.

C’est un outil de référence pour la planification de politiques stratégiques aux niveaux national et régional. Il rassemble les informations existantes de façon structurée et fournit un aperçu complet des tendances clés en matière de migration internationale et de développement socioéconomique. Il identifie également les lacunes en matière de données et les stratégies potentielles pour améliorer leur collecte issues essentiellement du recensement général de la population et de l’habitat (RGPH)  de 2006.

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